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Système digestif des carnivores

  • 2 juin
  • 5 min de lecture

Aujourd'hui je souhaiterais laisser de côté les plantes, le temps de vous parler un peu d'anatomie et de physiologie du système digestif des carnivores.


Comprendre comment fonctionne le système digestif de votre chien ou de votre chat permet une meilleure approche de ses besoins nutritionnels, mais aussi de certaines problématiques digestives, malheureusement, fréquemment rencontrées au quotidien.


Bien que vivant à nos côtés depuis des centaines (milliers ?!) d'années, le chien et le chat conservent de nombreuses caractéristiques anatomiques héritées de leurs ancêtres chasseurs. Leur système digestif est avant tout conçu pour digérer efficacement des aliments riches en protéines et en matières grasses animales.


La cavité buccale : là où tout commence


La digestion début dès la prise alimentaire.


La dentition des carnivores est adaptée à leur mode de vie ancestrale: capture, maintien et découpe des proies.


Les dents sont pointues et tranchantes (il n'y a qu'à voir leurs canines pour le comprendre !). Ils ne sont en effet, pas conçus pour mastiquer entièrement les aliments, mais surtout pour broyer et cisailler.

Ce sont les carnassières (molaires et prémolaires) qui vont agir comme des ciseaux pour découper les tissus musculaires et tendineux.

A la différence des ruminants ou équidés, les mouvements de mâchoires se font essentiellement de façon verticale, et non latérale, ce qui traduit une adaptation à une mastication relativement brève.





source :


D'autre part, leur salive joue un rôle essentiel dans la lubrification du bol alimentaire, dans le but de faciliter la digestion.

Elle participe peu à la digestion enzymatique des glucides, surtout chez le chat dont l'alimentation naturelle contient très peu d'amidon !


La mâchoire constitue également une zone importante sur le plan fonctionnel. L'articulation temporo-mandibulaire (ATM) est en relation à la fois avec les structures crâniennes, mais également cervicales et musculaires. Aussi, des tensions dans cette zone se répercutent-elles sur le confort de l'animal, la bonne digestion, les céphalées, etc.




source:

  • Anatomie - Robert BARONNE



La nourriture passe donc peu de temps dans la bouche d'un carnivore, et est très vite amenée dans l’œsophage puis dans l'estomac pour le début de la digestion.

L’œsophage travaille par péristaltisme (succession coordonnées de contractions musculaires) afin de diriger le bol alimentaire vers l'estomac)


A l'instar des herbivores, le système digestif des carnivores est composé de:

  • la cavité buccale

  • l'oesophage

  • l'estomac

  • l'intestin grêle

  • le gros intestin

  • le rectum



L'estomac : le réservoir d'acide

L'estomac a un volume très important. Il peut représenter jusqu'à 60 % à 70 % du volume total du système digestif.

Cette capacité de stockage importante constitue un héritage de leurs ancêtres sauvages, dont les prises alimentaires pouvaient être espacées de plusieurs jours.


Une fois le bol alimentaire arrivé dans l'estomac, la digestion peut débuter.


L'estomac a divers rôles dans la digestion:

  • un réservoir temporaire des aliments

  • brassage mécanique du contenu digestif

  • début de la digestion des protéines

  • destruction d'une partie des micro-organismes ingérés


Pour accomplir cela, il sécrète des sucs gastriques extrêmement acides (1-2) !

Cette acidité des sucs digestifs est une barrière vraiment efficace contre les infections. C'est également grâce à cette acidité que l'estomac favorise:

  • la déminéralisation des tissus osseux ingérés

  • la dégradation des protéines musculaires

  • la réduction de la charge microbienne des aliments

  • l'activation des enzymes digestives


Toutes ces étapes prépare à l'absorption des nutriments dans l'intestin.



L'Intestin Grêle : principal site d'absorption

Une fois passés dans l'estomac, la transformation des aliments se poursuit ici.


C'est la partie la plus courte en comparaison aux herbivores.

C'est ici que se déroule une grande partie de l'absorption des nutriments: acides aminés, acides gras, vitamines, minéraux..


La muqueuse intestinale possède une surface d'échange considérable grâce à la présence de villosités et microvillosités qui augmentent les capacités d'absorption.


L'intestin grêle joue un rôle essentiel dans l'immunité et est également le siège du microbiote.

Il est donc primordial d'avoir un intestin en bonne santé car si trop poreux, le terrain devient propice à une allergie, des troubles digestifs ou une inflammation (MICI, dysbiose, hyperperméabilité intestinale....)


Une douleur chronique ou une diminution d'activité physique peut également modifier le fonctionnement digestif, notamment via le stress et la diminution des mouvements naturels.

D'autre part, certaines tensions au niveau du diaphragme, des lombaires ou des structures viscérales peuvent influencer la mobilité des tissus entourant le système digestif.

C'est pourquoi, l'alimentation, la gestion du stress et certains soutiens naturels peuvent contribuer au maintien d'un environnement digestif équilibré.


Le corps fonctionne par des systèmes, eux-mêmes constitués de sous-systèmes (et ainsi de suite), en intéractions les uns avec les autres = holisme.

Une difficulté locomotrice peut avoir des répercussions digestives, tout comme un inconfort digestif chronique peut influencer le comportement ou la posture.


Le Colon et les Glandes Annexes (Foie/Pancréas)

Bien qu'ils ne fassent pas directement partie du tube digestif, le foie et le pancréas jouent un rôle fondamental dans la digestion.


Le foie: centre de traitement métabolique

Il reçoit une grande partie des nutriments absorbés par l'intestin. Il intervient également dans:

  • le métabolisme des protéines, lipides et glucides

  • la détoxification de nombreuses substances

  • le stockage de certaines vitamines

  • la production de bile, qui facilite la digestion et l'absorption des matières grasses dans l'intestin


Le pancréas: maestro enzymatique

Cet organe produit plusieurs enzymes digestives essentielles:

  • protéases pour protéines

  • lipases pour les matières grasses (lipides)

  • amylases pour les glucides


Il participe également à la régulation de la glycémie par la production d'insuline et de glucagon.


Le Gros Intestin et le Cæcum

Chez le chat, le cæcum est peu développé car il n'existe pas de besoin important de fermentation des fibres végétales.


Le rôle principal du côlon est :

  • la réabsorption de l'eau

  • la concentration des matières fécales

  • d'héberger une partie du microbiote intestinal


L'observation des selles est une information précieuse quant à l'état de santé digestive de l'animal.

Une modification durable de leur consistance, de leur couleur ou de leur odeur mérite toujours une attention particulière.


Résumé comparatif

Caractéristique

Carnivore

Herbivore

Dents

Pointues (tranchantes)

Plates (broyeuses)

pH Stomacal

Très acide (≈1)

Moins acide (≈4 à 5)

Longueur Intestin

Court

Très long

Cæcum

Petit / Inexistant

Très grand (fermentation)



Bien que souvent regroupés sous le terme de « carnivores domestiques », le chat et le chien présentent des différences physiologiques importantes.


Le chat est un carnivore strict. Son organisme dépend fortement des nutriments d'origine animale pour couvrir ses besoins métaboliques.

Le chien possède davantage de capacités d'adaptation alimentaires. Il demeure un carnivore dit "opportuniste", car son métabolisme lui permet de valoriser une proportion plus importante d'autres sources nutritionnelles.


C'est pourquoi les besoins nutritionnels de ces deux espèces ne sont pas identiques.

Une alimentation formulée pour un chat ne convient pas à un chien sur le long terme, et inversement.


Pour conclure

Le système digestif du chien et du chat reflète parfaitement leur héritage de prédateurs. De la dentition spécialisée à l'acidité gastrique particulièrement élevée, chaque structure est adaptée à la digestion efficace d'aliments majoritairement d'origine animale.

Mieux comprendre cette physiologie permet non seulement de faire des choix alimentaires plus éclairés, mais également de mieux appréhender certaines problématiques digestives, immunitaires ou métaboliques rencontrées chez nos compagnons.


Pour moi, en tant que praticienne en naturopathie animale et thérapies manuelles, cette compréhension du fonctionnement digestif est essentielle. Elle permet d'adopter une approche globale de l'animal, où alimentation, environnement, équilibre émotionnel et confort physique sont étroitement liés.


C'est pourquoi j'aime cette notion de systémique: observer l'animal dans son ensemble : sa posture, son mouvement, son environnement, son alimentation et son état général.



Sources:

  • Anatomie et physiologie - Robert BARONNE

  • Encyclopédie

  • Thèse vétérinaire: anatomie et physiologie des carnivores

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